17/092018

L’autoconsommation photovoltaïque : produire l’électricité que l’on consomme

L’autoconsommation photovoltaïque est la consommation de sa propre production d’électricité solaire. Elle permet d’utiliser une énergie locale et abondante et de réduire sa dépendance vis-à-vis du réseau national d’électricité.

 

Comment autoconsommer son électricité photovoltaïque ?

Les panneaux photovoltaïques servent à produire de l’électricité à partir du rayonnement solaire. Cette électricité peut être revendue totalement ou partiellement à un fournisseur d’électricité (EDF Obligation d’Achat le plus souvent) mais elle peut aussi être consommée sur place. Cette dernière option s’appelle l’autoconsommation.

Pour autoconsommer son électricité, il faut installer des panneaux solaires photovoltaïques sur une surface bien exposée au soleil. Pour cela, mieux vaut fuir l’exposition au nord et privilégier une inclinaison des panneaux proche de 30° par rapport à l’horizontal. Les panneaux sont raccordés à un ou plusieurs onduleurs qui convertissent le courant continu produit par les panneaux en courant alternatif utilisable chez soi. A la suite des onduleurs s’ajoute un compteur de production qui décompte la quantité d’énergie produite. Ce compteur peut désormais être regroupé avec le compteur de consommation grâce au compteur intelligent Linky. L’ensemble de l’installation est bien sûr raccordée au réseau national d’électricité.

 

Taux d’autoconsommation et taux de production

Un logement en autoconsommation n’est donc pas nécessairement un site isolé et autonome en électricité. Un raccordement au réseau permet de prélever de l’électricité si nécessaire et d’en injecter en cas de surplus de production. En effet, la production des panneaux photovoltaïques n’est pas toujours consommée en totalité, le reste est appelé surplus et peut être injecté sur le réseau et acheté par un organisme habilité (souvent EDF OA). Et au contraire, les panneaux ne suffisent pas toujours à combler les besoins en électricité, il faudra alors faire appel au réseau.

Pour connaitre la part de l’électricité qui est réellement autoconsommée, on parle de taux d’autoconsommation. Ce taux donne le pourcentage de la production photovoltaïque qui est consommée sur place. Il est souvent confondu à tort avec le taux de production qui, lui, donne la part de la consommation électrique du foyer qui est assurée par les panneaux solaires. Ces deux indicateurs sont utiles pour bien dimensionner l’installation en estimant la surface de panneaux nécessaires pour maximiser la part d’électricité réellement autoconsommée.

Le taux d’autoconsommation est généralement proche de 20% à 30%. Ceci s’explique par une production d’électricité qui n’est pas toujours synchrone avec la consommation. En effet, les panneaux solaires fonctionnent en présence de soleil en journée et au contraire les besoins en électricité sont majoritairement le matin et le soir pour beaucoup de foyers. Il y a ainsi une grande part de l’électricité produite par les panneaux qui n’est pas utilisée sur place et qui est donc réinjectée sur le réseau électrique. Par conséquent, il est inutile d’installer une trop grande de surface de panneaux photovoltaïques lorsque l’on choisit l’autoconsommation car une bonne partie sera finalement en surplus et donc revendue.

 

Synchroniser la production et la consommation d’électricité

Lorsque la consommation n’a pas lieu aux mêmes horaires que la production, il est possible de mettre en place plusieurs aménagements. Il s’agit notamment de modifier ses habitudes pour déplacer les consommations au maximum en journée. Pour cela, l’installation d’équipements domotiques de type programmateur permettra de déclencher les chauffe-eaux, lave-linges, lave-vaisselle, etc… en journée lorsqu’il y a du soleil et que les panneaux photovoltaïques fonctionnent.

On a ainsi un fonctionnement totalement opposé à celui des heures pleines/heures creuses qui incite au contraire à déclencher les appareils électriques la nuit pour profiter du tarif avantageux de l’électricité en heure creuse. Il faut donc à la fois modifier ses habitudes de vie et également s’équiper avec quelques appareils intelligents de gestion de l’énergie.

Il existe une grande variété de dispositifs domotiques, allant du simple programmateur peu coûteux au système de monitoring complexe permettant de gérer tous les équipements électriques et électroniques de la maison : ouverture et fermeture des volets et portails, déclenchement du chauffage à distance en fonction de l’heure ou grâce à des détecteurs de présence, etc…

Les batteries solaires pour plus d’autonomie en autoconsommation

Une autre solution permet d’assurer une grande partie de ses besoins avec les panneaux solaires : les batteries solaires. Les batteries permettent de stocker de l’électricité en journée lorsque les panneaux sont bien exposés et de l’utiliser plus tard, en soirée par exemple lorsque les besoins en électricité sont les plus importants pour l’éclairage, les téléviseurs, les ordinateurs, les appareils de cuisson, etc… C’est une solution qui peut permettre d’être entièrement autonome vis-à-vis des fournisseurs d’électricité.

En revanche, les batteries sont particulièrement chères. L’installation complète des panneaux, onduleurs, compteurs, câblage et batteries solaires représente un budget conséquent puisqu’il faudra souvent compter plusieurs milliers d’euros pour se procurer la ou les batteries nécessaires.

Avantages et inconvénients de l’autoconsommation photovoltaïque

Les atouts de l’autoconsommation photovoltaïque sont multiples :

  • Economies notables sur la facture d’électricité,
  • Possibilité de revendre le surplus de production,
  • Utilisation d’une énergie renouvelable et produite localement,
  • Installation des panneaux plus simple qu’en revente totale puisqu’il n’est pas nécessaire d’intégrer les panneaux au bâti (moins de problèmes d’étanchéité),
  • Coûts d’installation plus bas qu’en revente totale,
  • Autonomie possible grâce aux batteries solaires,
  • Prime à l’autoconsommation,
  • Plus d’indépendance vis-à-vis des fournisseurs d’électricité.

Malgré ses nombreux avantages, l’autoconsommation présente quelques inconvénients :

  • Adaptation nécessaire des habitudes de consommation,
  • Installation de domotique incontournable pour optimiser les économies,
  • Investissement conseillé dans des appareils programmables (chauffe-eau, chauffage, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle, etc…),
  • Coût des batteries solaires élevé.